Vers neuf heures, le camion-benne de Greenpeace a déjoué l'important dispositif de sécurité mis en place habituellement dans la rue et s'est arrêté devant l'entrée du quartier général du candidat de l'UMP. Tandis que des militants déployaient une banderole affichant "OGM = Moratoire !", le maïs a été déversé devant l'entrée de l'immeuble. Plus d'un mètre d'épis se sont amoncelés sur une quinzaine de mètres, sans toutefois interdire l'accès du QG. "Des passants applaudissaient et les policiers encerclaient. Ca fait partie des scènes quotidiennes de la rue depuis l'installation du QG de Sarkozy", a raconté Yannick Jadot.

DOUBLE LANGAGE

L'accès à la rue d'Enghien a été aussitôt fermé par un cordon de CRS, qui ont interdit pendant une partie de la matinée aux journalistes et aux photographes de s'approcher de l'entrée. Le point de presse quotidien des porte-parole de Nicolas Sarkozy a été cependant maintenu. "On n'a pas déclenché le plan Orsec!", a-t-on ironisé dans l'entourage du candidat. Une militante écologiste a souligné que les riverains étaient excédés par le dispositif policier mis en place dans le quartier depuis le début de la campagne électorale. "Quartier annexé par Nicolas Sarkozy", dénoncent sur un site internet des habitants, qui ont protesté il y a quelques semaines contre le "fichage" présumé des riverains, qualifié de simple "mesure de protection" par la préfecture de police.

Sur le fond, Greenpeace entend stigmatiser "le dernier candidat à l'élection présidentielle qui reste sourd à ce que réclament les Français et tient un double langage." "En public, Nicolas Sarkozy affirme avoir de la réticence, voire de la méfiance à l'égard des cultures transgéniques. Mais en réalité, il ne traduit pas ces belles paroles en proposition concrète", explique l'organisation.

Luc Esprit, directeur de l'Association des producteurs de maïs (AGPM), a dit douter que Greenpeace ait réussi à se procurer huit tonnes de maïs transgénique. "Qu'il y ait encore un peu de maïs OGM en France à vendre, c'est possible puisque 5.000 hectares ont été cultivés l'an dernier. Mais qu'une coopérative en mette à la disposition de Greenpeace cela me paraît vraiment très peu probable", a-t-il dit. "Cela relève plus de l'opération de communication", a-t-il ajouté.

Interrogée par Reuters, Adélaïde Colin, chargée de communication à Greenpeace, a maintenu qu'il s'agissait de maïs transgénique.

Greenpeace vient aussi de lancer le site "t'es sourd ou quoi?" pour interpeller les candidats!