Par Soann...
Il s'agit du titre d'un article issu de l'hebdomadaire
Courrier International paru mercredi 8 février dernier (n°849). Cet article a été publié à l'origine dans le
journal genèvois Le Courrier et la journaliste, Andrée-Marie Dussault, y décrit une nouvelle technologie de désinfection de l’eau fonctionnant à l’énergie solaire. D'origine néerlandaise l'appareil qui est sur le point d'être implanté en Inde (au fond du Pendjab indien, l'un des plus riches Etat du pays, à 10 Km environ de la frontière pakistanaise) utilise une technologie dénomée "technologie Naïade".
Son atout? Une formidable capacité à tuer toutes les bactéries et tous les virus contenus dans l’eau, et ce au moyen de l’énergie solaire. Une aubaine dans un pays où, selon les chiffres du gouvernement, 80 000 des quelque 600 000 villages ne sont pas électrifiés et qui, en conséquence, ne peuvent recourir aux filtres électriques pour rendre potables leurs eaux de canaux ou de puits. En réalité, le nombre de villages indiens où l’on s’éclaire toujours à la chandelle serait plus proche des 300 000.
D'ailleurs, comme l'explique Raymond Myles,
actif depuis près de quarante ans dans le secteur des énergies renouvelables non conventionnelles, “Du moment qu’il y a dans le village une ampoule qui fonctionne une heure par jour, les autorités le classent comme électrifié”.

Mini Puri, le concepteur du projet, explique dans l'article comment son projet Naïade a émergé,
lorsque le gouvernement l’a invité à une réunion de réflexion pour élaborer des stratégies à même de répondre au lancinant problème de l’accès à l’eau potable dans les villages indiens non électrifiés. A la suite de cette rencontre, la plus grosse coopérative au monde, l’Indian Farmer’s Fertilizer Cooperative Limited (IFFCO), a lancé un concours invitant les ONG et les entreprises à soumettre des projets en faveur du développement dans le secteur agraire. Mini a déposé un dossier présentant la technologie Naïade.
Avec ses deux amis collaborateurs, Mini explique également comment, en étant chacun
à la tête de leur propre entreprise, mais également consultants indépendants
ils gagnent moins qu'en travaillant pour une multinationale, mais aussi comment ils trouvent plus de sens à leur action!
L'Inde est le pays où la pollution liée à l'eau est la plus élevée. Et cette technologie représente donc une formidable innovation:
Naïade, en éliminant toute trace bactérienne et virale dans l’eau, doit permettre de réduire de manière significative les risques pathogènes que représente l’eau contaminée. Avec cette technique, l’Inde des villages pourrait faire un bond prodigieux. Sans compter les bénéfices potentiels pour les autres personnes comptant parmi les 1,2 milliard d’habitants de la planète qui n’ont pas accès à l’eau potable. Toutefois, la partie n’est pas encore gagnée. L’obstacle numéro un est le coût de la technologie : l’appareil coûte 400 000 roupies [environ 7 000 euros]. Un montant colossal. “Ils ont les moyens de s’acheter des Coca, mais, lorsqu’il s’agit d’eau potable, les villageois resserrent les cordons de la bourse”, ironise Jamil.
Une solution? Dans un sens oui, mais il s'avère que l'accès à l'eau potable reste encore très cher! Cela dit,
si l’on considère l’économie du bois et du kérosène nécessaires pour faire bouillir l’eau polluée, ce prix est cependant abordable : moins de 1 roupie par litre, c’est-à-dire environ trois fois moins que l’eau embouteillée par les multinationales de l’or bleu. D’ailleurs, celles-ci ne craignent-elles pas la compétition de cette technologie révolutionnaire ? “Pas pour le moment, prétend Raymond Myles. Pour l’heure, elles préfèrent dépenser 1 dollar là où elles en gagneront 10. Avec Naïade, ce n’est pas encore le cas.
Pour le moment donc, c'est avec l'aide du chef du village et quelques subsides du gouvernement que Mini s'en sort! Avec l'espoir très fort que le projet soit un succès et devienne un exemple mondial en la matière! Il lui faudra pour cela se battre contre certains, en soudoyer d'autres, mais rien ne semble l'arrêter, quitte à en mettre de sa poche! Normal, lorsque l'on sait
qu’en raison de l’eau polluée un enfant meurt toutes les huit secondes et 2 millions de personnes décèdent chaque année.
Souhaitons lui plein de courage, et surtout que le projet de Mini devienne immensément grand!
Nota Bene: selon Courrier International, "Naïade est un appareil de filtrage de l’eau créé par la société néerlandaise Nedap. Il pèse 75 kilos et ne requiert ni combustible ni raccordement au réseau électrique. Il purifie en dix heures 2 500 litres d’eau. La filtration de l’eau polluée s’effectue grâce à deux sacs-filtres lavables et la désinfection de l’appareil se fait au moyen d’une lampe UV qui fonctionne à l’aide d’un panneau solaire générant 75 watts d’électricité. En cas de temps nuageux, une batterie de voiture intégrée à l’appareil prend la relève".
Pour plus d'infos sur ...
l'article sur le site du journal Le Courrier
l'article sur le site Waternunc (origine de la photo)
le site d'Oxfam Novib
le site du projet Naiade