Paris, le 15 novembre 2010
Au lendemain du remaniement ministériel, nous exprimons notre consternation face à l’affaiblissement du Ministère de l’Ecologie dans le nouveau gouvernement.
Nous demandions solennellement il y a quelques jours au Président de la République de renouveler le signal politique fort qu’il avait donné au lendemain de son élection en créant le « super-ministère » du Développement Durable. Ce ministère avait en effet su donner une impulsion forte en matière environnementale.
Or, force est de constater que le Ministère a été affaibli :
Première surprise, Nathalie Kosciusko-Morizet n’aura pas rang de ministre d’Etat.
Pourtant, il s’agissait d’un engagement solennel pris par le chef de l’Etat au moment de sa signature du Pacte écologique. Particulièrement compétente sur les questions écologiques, en quoi Nathalie Kosciusko-Morizet était-elle illégitime pour avoir rang de ministre d’Etat ?
Cet arbitrage traduit le fait que l’environnement n’est plus un sujet prioritaire.
Ce sentiment de perte d’influence est renforcé par le transfert de tutelle de l’écologie au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie en ce qui concerne l’énergie, faisant craindre pour les choix à venir. Va-t-on voir surgir l’Etat EPR ? En définitive, le périmètre transversal (écologie, énergie, transport, logement et mer) s’est considérablement réduit si on y ajoute la perte de référence à la « mer » et la réduction du nombre des secrétaire d’Etat rattaché à l’écologie, passant de 4 à 2.
L’esprit de cohérence n’a pas suffit à réintroduire dans son champ d’autorité l’aménagement du territoire dont Bruno Lemaire, Ministre de l’Agriculture, aura la charge. Nous exprimons là encore nos craintes. Quel avenir pour la Trame verte et bleue lorsqu’on sait l’influence du lobby de la FNSEA et des pesticides sur l’action de ce Ministère ?
Le défi environnemental constitue l’un des enjeux les plus cruciaux du 21è siècle. Comment répondre au grand défi de ce siècle, le défi climatique, en saucissonnant les compétences Energie-Climat entre le ministère de l’Industrie et le ministère du Développement Durable ?
Nous demandons que toutes les compétences « climat » soient regroupées au sein du Ministère du Développement Durable, y compris les négociations européennes et internationales.
Ce nouveau gouvernement sera-t-il en mesure de faire vivre et pérenniser les engagements pris lors du Grenelle de l’Environnement ?
Contact Presse :
Portable : 06 24 96 75 27
Contact Mail
Recent Comments